Les Pleurants

Le travail autour des Pleurants s’est imposé à moi à la fin de l’été 2011 à la suite d’une discussion avec des amis qui avaient visité l’exposition itinérante des Pleurants au moment de leur passage à Bruges. J’avais eu l’occasion d’admirer la procession des pleurants des tombeaux des ducs de Bourgogne il ya quelques années au musée des Beaux Arts de Dijon. J’avais été frappée par la variété de leurs poses, la richesse de leurs drapés et la finesse des détails de chaque sculpture. Au-delà de leur évidente qualité esthétique et narrative, il était difficile de ne pas être sensible à l’émotion dont ils étaient porteurs. J’avais été à l’époque très touchée par cette rencontre mais les choses en étaient restées là.
Il est difficile pour moi d’expliquer ce qui m’a poussé à effectuer ce travail , sûrement une nécessité intérieure; le fait peut-être que les expressions de chacun de ces personnages sont là pour nous rappeler nos réactions face à la mort : pleurer, prier, se recueillir, se laisser envahir par le chagrin, consoler un proche ou encore que le deuil est une expérience universelle à travers les cultures, le temps, et que nous nous reconnaissons forcément nous mêmes dans ces expressions de désarroi.
Mes pièces n’ont à priori aucune raison d’être, ne portent en elles aucun message, elles sont ce qu’elles sont. J’aimerais cependant qu’elles puissent permettre au spectateur de retrouver dans les Pleurants quelque chose de touchant qui renvoie à la portée affective de ces personnages et de fait à la fragilité de nos existences.

Juin 2013