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NELLY BONNEFIS

Nelly Bonnefis a profité d’une sensibilité artistique pour s’autoriser un parcours artistique et aller vers une véritable création personnelle. La peinture ou la création d’estampes qui était au départ pour elle un événement inattendu est devenue une nécessité intérieure. En lui permettant de refonder une réalité, son travail de recherche et de création la confronte à une autre temporalité , intime notamment.

Ce travail la ramène aux limites de sa fragilité et de sa propre existence. Chaque étape de sa création l’oblige à déconstruire ses représentations, à chercher dans les sphères les plus opaques un signe , un sens afin que quelque chose d’inattendu advienne.

Il existe dans son travail un jeu permanent de relance dans lequel la peintures ou les encres qu’elle utilise se nourrissent aussi bien des éléments de visibilité que ce qui va se perdre en cours de réalisation.

Il en résulte un travail pictural dont la toile est le témoin

EXPOSITION HENRI DESBALS

Souvent très peuplées, soit par des personnages, soit par un motif récurrent, les gravures de Nelly Bonnefis nous emmènent dans une matière picturale mettant le temps de l’expérience et du vécu au cœur du propos. Son cheminement la conduit à utiliser ses matrices à graver de manière répétitive, pour tenter de piéger le réel qui s’échappe dans les rets des variations. Ainsi tout se trouve fragmenté, comme l’image d’une possible réponse, brisée sur des centaines de miroirs. L’espace est tantôt traversé, encombré, quadrillé, déchiré, cerné, brouillé, ou encore dissout. Les formes se superposent, se répondent. Ainsi l’artiste nous questionne sur la notion de mémoire en nous renvoyant la difficulté à recomposer un passé et par là même des souvenirs. Le vocabulaire de la gravure est lui aussi propice à parler de notre histoire : qu’est-ce qui marque, imprime, creuse et se répète ? Entre volonté de figurer l’éphémère et inscrire une trace qui perdurera, Nelly Bonnefis nous parle de la réconciliation avec soi-même. C’est ainsi que plaisir à être et à faire jalonnent ce possible chemin vers l’autre, dans la générosité.

Georgette Alias

Novembre 2012

Présentation exposition
Folles Saisons le 6 septembre 2013

Nelly Bonnefis nous présente ce soir une collection de monotypes, ce procédé d’impression d’une œuvre unique qui se joue entre un support non poreux, une feuille de papier et une presse, technique qu’elle utilise pour ces fonds et qu’elle enrichit au fil de sa création de tracés à la pointe sèche, de collages, d’applications textiles, de cires .. .
Des estampes, un mot qui en lui même fait rêver … une technique qui imprime l’empreinte en négatif de l’image originelle à un instant de sa création.
C’est un choix de technique picturale qui en dit un peu déjà sur ce que Nelly recherche. Elle le dit elle même dans ses textes « inscrire sur chaque image la fragilité de nos existences, notre présence et notre effacement à terme » ;
Ce qu‘elle nous montre ce soir c’est la trace d’un cheminement, avec des formes qui se superposent, se masquent, se brouillent, se répètent jamais totalement à l’identique ; motifs et silhouettes, formes et arrangements qu’elle nous dit issus d’un hasard initial en réponse à son cheminement dans la création, à la recherche de ses émotions.
La recherche du passé et de la route du futur, comment ne pas les évoquer face à cette série de tableaux dans les tons sépia où des silhouettes se jouent des transformations de motifs répétitifs, tantôt perçues de dos, fuyantes, tantôt de face ou de profil, comme en route vers une destinée inconnue.
Evocation aussi de la destinée avec ces personnages qui émergent d’un fond très doux comme ces tableaux qui peuvent évoquer une madone ou un personnage venu d’un autre temps ancien.
Destinée qui s’avance en filigrane voire même masquée explicitement … force des masques qu’on retrouve dans ces portraits aux tons de noir, voire dans ces noirs appliqués sur des couleurs plus vives.
Comment ne pas évoquer aussi ces fils, ces liens nés sous la pointe sèche, tour à tour barrière ou lien entre deux silhouettes, ce réseau qui sur certains tableaux arrive à occuper tout l’espace ne laissant la place éventuellement qu’à une petite silhouette qui s’esquive.
L’exposition de Nelly est foisonnante … il faudrait aussi parler de ces silhouettes plus dures, homme ou végétal, fouillées à la pointe du poinçon dans les petits formats exposés.
Une série de tableaux qui se répondent, s’interrogent mutuellement, incitent à la recherche d’un signe, d’une permanence, d’un message ; des tableaux qui sous leur apparence douce dégagent une grande force d’attraction, me conduisant – personnellement – à une forme de sérénité.
Françoise

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